Dans toutes
mes recettes de macarons, il s'agit de réaliser des petits
macarons parisiens traditionnels selon la méthode Gerbet.
Les macarons doubles dont les coques sont réunies par une
ganache ou une gelée de fruits. Il n'est pas question de
la recette qui navigue sur les blogs reprenant la recette des meringues
italiennes, utilisant un sirop de sucre cuit pour lisser des blancs
pas entièrement montés. Et il est fortement déconseillé
d'essayer de mêler les 2 recettes qui sont très éloignées
!
Les ingrédients
La base pour
la réalisation des coques de macarons est toujours la même
dans la méthode Gerbet :
du sucre glace, de la poudre d'amandes et des blancs d'oeufs montés
avec un peu de sucre en poudre.
Parfois on parle de tant-pour-tant (un mélange constitué
de 50% de sucre glace et de 50% de poudre d'amandes) mais en fait
dans la recette il faut bien plus de sucre glace que de poudre d'amandes
donc je n'utilise pas ce terme pour la recette des macarons. En
tout cas, fuyez les recettes où il est question d'utiliser
de la farine ! Il n'y en a jamais dans les macarons parisiens.
Le sucre glace
: il doit contenir un peu d'amidon. Celui que l'on trouve dans le
commerce (Daddysuc, par exemple) en contient à hauteur de
2 %, ce qui est idéal.
La poudre d'amandes.
Qu'elle soit de telle ou telle origine n'a à mes yeux aucune
importance. J'en ai testé de plusieurs pays à des
prix différents et le résultat est toujours aussi
réussi. Donc maintenant j'en achète dans mon hypermarché
(au rayon des poudres de fruits secs) en gros sachets de 500 g ou
de 1 kg et je n'y réfléchis plus.
Les blancs d'oeufs.
Vous aurez remarqué que je précise qu'il faut des
blancs d'oeufs déjà préparés. Beaucoup
de visiteurs me demandent ce que cela veut dire : et bien tout simplement
qu'il faut les avoir séparés de leurs jaunes depuis
quelques heures et les garder au réfrigérateur couverts
d'un film alimentaire ou à température ambiante (mais
attention leurs jaunes ne se conservent que 24h au frais). C'est
plus facile à gérer depuis la veille que depuis plusieurs
jours quand on ne sait à l'avance du temps dont on disposera
alors pour la réalisation des macarons. Ou bien comme dernièrement,
je sors mes oeufs une heure à l'avance et si besoin je les
tiédis quelques secondes en douceur au four à micro-ondes.
Et puis les blancs en neige se forment très bien de toute
façon. Je parle d'oeufs de calibre moyen, les plus répandus
dans le commerce, donc 3 blancs me donnent environ 100 grammes de
matière (ce n'est pas à 5 grammes près, rassurez-vous).
Les colorants alimentaires.
On trouve déjà dans toutes les épiceries les
3 tubes inséparables de chez Vahiné, aux couleurs
vert, jaune et rouge. Depuis peu, le vert a été remplacé
par du bleu cela donne un plus grand choix de combinaisons possibles.
On peut déjà se débrouiller avec eux, mais
il arrive immanquablement un moment où l'un des tubes est
vide... quand ce n'est pas un coloris très original qu'il
faut. Personnellement, j'ai la chance d'avoir dans la ville où
je travaille un fournisseur pour pâtissiers professionnels
qui vend aussi aux particuliers. J'y ai trouvé mes premiers
colorants liquides originaux, en flacons souples d'environ 10 cl.
Du noir, du brun,... Sinon il y a des boutiques réputées
à Paris, comme chez G.Detou (ça ne s'invente pas un
nom pareil) ou bien chez Mora, au croisement des rues Tiquetonne
et Montmartre, ou enfin chez A.Simon toujours rue Montmartre. Et
des sites internet comme celui de Mora
justement, Patiwizz
ou Artgato (voir ma
rubrique "Mes adresses")
Vous constaterez que les colorants liquides servent surtout à
obtenir des coloris tendres et pastels. Les colorants en pâte
se mélangent mieux entre eux pour des dégradés
originaux ou des teintes subtiles. Quant aux colorants en poudre,
ils sont moins pratiques d'utilisation (on s'en met vite partout
car c'est très volatile !) et ils servent aux teintes vraiment
éclatantes... au risque de teinter les dents parfois !
Les autres matières premières.
Comme pour les colorants, les pâtes spéciales (pâte
de pistache, pâte de nougat, sirop de glucose,...) ne se trouvent
pas facilement, en tout cas pas en hypermarché, si grand
soit-il. Il vous faudra peut-être comme moi trouver un fournisseur
pour professionnels qui accepte de vendre aussi aux particuliers,
fureter sur le net ou bien aller sur Paris aux boutiques et sites
cités plus haut ou sur ma page "Mes
adresses".

Le
matériel indispensable
En plus des
ingrédients principaux, il faut un peu de matériel
pour réaliser les macarons.
Un four
: peu importe le modèle et la marque. (personnellement j'ai
longtemps utilisé mon petit four combiné que j'aurais
pu avoir étant étudiante, celui que vous voyez à
droite, incroyable non ?!) Le tout est peut-être de tester
sa puissance de cuisson, et d'adapter le temps de cuisson à
quelques minutes près par rapport à mes recettes selon
le résultat obtenu chez vous.
Une balance ménagère
: c'est une balance électronique en ce qui me concerne. Je
trouve ça très pratique (même pour peser son
courrier avant envoi !) et c'est tellement précis que c'est
incontournable à mon avis. Les recettes de macarons ne supportent
pas d'à peu près, il faut vraiment beaucoup de rigueur
dans les gestes, le matériel et aussi dans les proportions
des ingrédients, donc gare à ne pas trop dévier
des indications données. 10 ou 20 g de poudre d'amandes de
plus que ma recette peuvent modifier largement l'aspect et la cuisson
de vos coques de macarons.
Un mixer
: pour mixer longuement et très finement le mélange
de poudre d'amandes et de sucre glace. Ou un robot avec une lame
de
couteau.
Cette étape est très importante car elle aura une
influence sur le degré de lissage de vos coques de macarons.
Si vous avez beaucoup de perte dans vos poudres après le
passage au tamis c'est que votre mixer n'a pas bien fait son travail.
Soit il vous faudra allonger le temps de mixage la prochaine fois,
soit en affûter les lames avant la prochaine utilisation.
Normalement, en dix secondes à peine toute la poudre est
tamisée et vous vous retrouvez avec quelques grains qui ne
passent pas, à peine 2 g du total sans doute...
Un tamis
: on peut se débrouiller avec un chinois large, mais quand
on peut avoir un tamis, c'est quand même l'idéal. Le
geste est plus naturel et plus efficace aussi. Le maillage doit
être assez fin pour éliminer tout éventuel agglomérat
de poudre d'amandes ou de sucre glace après le passage au
mixer.
Du papier sulfurisé
: un papier anti-adhérent (qu'il n'y a donc pas besoin de
graisser) sur lequel on dispose les petits tas de préparation
à macarons. Après sortie du four, il suffit de l'enlever
de la plaque chaude et de le laisser refroidir et les macarons se
décolleront tout seuls s'ils sont suffisamment cuits. Au
pire, on peut l'humecter en versant un peu d'eau entre lui et la
plaque à pâtisserie, ou le déposer directement
sur une surface plane mouillée (un plan de travail, par exemple),
mais ce n'est pas bon signe pour la cuisson de vos coques.
3 plaques à pâtisserie
: beaucoup de visiteurs se demandent pourquoi je précise
qu'il faut 3 plaques à pâtisserie (et plutôt
identiques). En fait, la superposition directe de ces 3 plaques
contribue largement à la formation de cette jolie collerette
de dentelle si caractéristique du petit macaron parisien.
Ces 3 plaques posées l'une sur l'autre empêchent aussi
les macarons de cuire trop vite au niveau de leurs bases qui deviendraient
un peu dures. Avec les 3 plaques, leurs bases montent en collerette
et restent moelleuses à la dégustation ! Et peu importe
la marque de vos plaques. Pour mon petit four, j'ai eu beaucoup
de mal à trouver des plaques à la bonne dimension
(l'intérieur de mon four n'excède pas 37 cm de profondeur),
donc j'ai du me contenter d'un modèle trouvé dans
une solderie ! En tôle toute simple, sans revêtement
spécial, à grands rebords, mais vous voyez que ça
suffit largement puisque le résultat est toujours là.
Ce sont les plaques que vous voyez en photo à droite.
Cela dit, on parvient très bien à obtenir la collerette
sans ces 3 plaques, mais la base des coques est alors plus cuite,
donc plus dure sous la dent et moi je privilégie plutôt
la base tendre et moelleuse pour contraster avec la coque supérieure
plus croquante.
Le fouet électrique
: j'ai déjà tenté de monter mes blancs avec
le fouet unique de mon robot culinaire, mais franchement j'y ai
passé un temps infini pour un résultat vain. Depuis,
je n'utilise plus que mon fouet électrique, la neige prend
en 2 minutes et fermement !
Une maryse / spatule en silicone
: pour "macaronner" la préparation, c'est à
dire bien mélanger les poudres finement tamisées aux
blancs en neige colorés sans les "casser", il faut
un accessoire en silicone indispensable : la maryse ou spatule.
Si vous utilisez un accessoire en métal ou en bois, vous
verrez que le résultat ne sera pas du tout le même
! Au final, vous allez obtenir une mousse onctueuse si vous vous
y prenez sans trop de vigueur.
Une
poche à douille. (voir article)
Le résultat attendu
En gros, comment
doit être un macaron réussi ?
Ce n'est que
mon avis mais voici quelques critères essentiels :
- les coques
doivent être parfaitement rondes
- les coques doivent être parfaitement lisses
- les coques doivent être parfaitement planes
- les coques doivent présenter une collerette en leur base
- les coques doivent être brillantes
- les coques doivent revêtir un ton assorti à leur
parfum / garniture
- les coques doivent présenter une jolie couleur uniforme
- les coques doivent toutes avoir le même diamètre
- la collerette doit être ni plus ni moins large que la coque
- la ganache ne doit pas sembler absente
- la ganache doit être visible et mesurer environ 3 à
5 mm d'épaisseur
- la ganache ne soit pas s'écouler
Les
tours de main
Il y a plusieurs
choses importantes à surveiller lors de la réalisation
des macarons :
- utiliser des
blancs d'oeufs séparés des jaunes depuis au moins
quelques heures et pas froids (tiédis éventuellement
aux micro-ondes)
- mixer longuement
et très finement les poudres (amandes + sucre glace + autre
éventuellement)
- bien tamiser
l'ensemble ensuite
- concernant
le colorant, l'intégrer seulement à la fin de la montée
des blancs en neige, qu'il soit liquide, en pâte ou en poudre
(attention aux modèles en poudre dont le pouvoir colorant
est très fort)
- au moment
du "macaronnage" (mélange des poudres tamisées
et des blancs montés en neige), procéder en gestes
doux et larges, avec la maryse en silicone, des bords de la jatte
au centre, sans y aller trop vigoureusement sous peine de "casser"
les blancs d'oeufs et la neige constituée. Il faut que la
préparation reste mousseuse et en fasse le bruit lors du
macaronnage. Cela vous assurera des blancs gonflés à
souhait après cuisson.
- pendant la
cuisson au four, vous devez voir la collerette naître à
la base des macarons, mais elle ne survient généralement
qu'au bout d'environ 6 minutes de cuisson, et elle reste jusque
la fin.
- les macarons
doivent se décoller sans difficulté : à leur
sortie du four on attend environ 1 minute, puis on les décolle
doucement, ils ne doivent laisser aucune trace sur le papier sulfurisé.
S'ils ne sont pas assez cuits, vous allez retrouver un peu de la
pâte sur le papier, dans ce cas il faudrait pouvoir poursuivre
la cuisson de quelques minutes ou bien verser sous la feuille de
papier sulfurisé un peu d'eau et attendre que le "charme
agisse" (en fait, l'humidité va remonter et imbiber
le papier, les coques se décolleront plus facilement) mais
gare à ne pas laisser le papier s'imbiber trop longuement
ou vos coques vont subir quelques dommages...
Quelques
ratages possibles
Voici une liste
non exhaustive des ratages déjà vus ici ou là
et une tentative d'explications possibles :
- les macarons présentent de gros grains en surface
: s'ils présentent un aspect quelque peu grumeleux avec des
bosses et ou boutons, c'est que les poudres n'ont pas été
suffisamment mixées ou tamisées, ou que le macaronnage
n'a pas réalisé un mélange homogène.
Les grosses "verrues" que j'ai pu voir sur les macarons
de certains blogs sont le fait de personnes qui ont peur de trop
mélanger la préparation et qu'elle ne devienne liquide
! Alors ils arrêtent cette étape trop tôt et
des amas de poudre ne sont pas correctement mélangés.C'est
vraiment le défaut le plus flagrant, l'esthétique
d'un macaron étant à mon avis l'élément
le plus important pour donner envie de mordre dedans !
- les macarons se fissurent
: présence d'eau quelque part : dans la pièce où
vous les avez fait croûter avant de les enfourner, ou dans
le four, sur les plaques ou enfin dans la pâte. Ou alors il
y a eu un choc thermique trop important (peut-être que le
croûtage a été trop court ou que les plaques
étaient restées trop chaudes d'une fournée
précédente)
- les macarons ne sont pas ronds
: mauvaise tenue de la poche à douille, mauvaise pression
sur la poche, mouvement lors de la réalisation des dômes
sur la plaque (il faut être immobile) ou plaques à
pâtisserie penchées dans le four
- les macarons n'ont pas de collerette
: vous n'utilisez pas 3 plaques à pâtisserie directement
superposées l'une sur l'autre, ou votre préparation
n'était plus assez mousseuse après le macaronnage
- les macarons
sont plats : vous avez "macaronné" trop énergiquement
et "cassé" les blancs en neige, votre préparation
n'était plus mousseuse mais plutôt liquide
- les macarons sont penchés
: vos plaques à pâtisserie
n'étaient
pas planes ou se sont retrouvées inclinées pendant
le croûtage ou la cuisson, et/ou votre préparation
était trop liquide (blancs en neige "cassés")
- les macarons ne se décollent pas
: vous devriez attendre un peu à leur sortie du four, les
faire cuire une à deux minutes de plus, ou imbiber le dessous
du papier sulfurisé. Personnellement je n'ai plus besoin
d'humecter mon papier sulfurisé, car quand mes coques sont
cuites juste comme il faut elles sont sèches dessous, et
il suffit d'attendre quelques minutes après leur sortie du
four pour qu'elles se décollent toutes seules. Voici la photo
ce que vous devriez obtenir sous vos coques.
- la couleur des coques a viré
: ils ont bruni, la teinte a viré au beige, cela signifie
simplement que la cuisson était trop forte, il faudra retenter
l'opération à une température plus douce. Regardez
mes recettes et photos, les températures fortes sont pour
les coloris sombres seulement ! Pour une couleur qui reste fidèle,
il faut une température douce et une cuisson un peu plus
longue.
- les coques
présentent des plis, des bosses, des boursouflures :
votre four n'est pas assez chaud, ou les conditions de croûtage
sont à revoir (lieu, durée)
Les gabarits
Pour vous aider
dans la réalisation de vos macarons, au moment de leur mise
en forme à la poche à douille sur vos plaques à
pâtisserie, vous aurez peut-être besoin de repères,
afin qu'ils aient tous le même diamètre et qu'ils soient
à bonne distance de leurs voisins.
Je vous propose
donc des gabarits pour macarons, imprimables sur des feuilles blanches
de format A4 (21 x 29,7 cm), que vous pourrez glisser sous votre
feuille de papier sulfurisé avant de commencer à former
les ronds de pâte à la poche à douille. Par
transparence les ronds noirs apparaitront et vous guideront. Il
vous suffira d'ôter la feuille des gabarits avant le croûtage.
(j'ai testé pour vous l'oubli de la feuille dans le four
pendant la cuisson : elles ne subissent aucun dommage !)
Vous trouverez
4 modèles de gabarits, pour des macarons de 25 mm, de 35
mm, de 50 mm ou des grands de 80 mm. Comptez qu'ils s'étaleront
un petit peu pendant la période de croûtage et qu'ils
gagneront peut-être quelques mm de diamètre supplémentaire
selon la consistance de votre pâte...
Et puis selon la taille de votre four et donc de vos plaques, il
vous faudra prévoir sans doute plusieurs fournées,
mais toujours avec la même feuille de gabarits, réutilisable,
ou bien avec un gabarit d'autres diamètres !